NEW FORMS IN FILM AU CINÉMA BELLEVAUX

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NEW FORMS IN FILM
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LE CINÉMA MINIMALISTE AMÉRICAIN

Cycle proposé par François Bovier,
avec Tristan Lavoyer

Annette Michelson, critique à Artforum, organise un festival du «nouveau cinéma américain» à Montreux, en 1974 : pendant trois semaines, les films de cinéastes indépendants regroupés au sein de la Coopérative des cinéastes de New York sont présentés à travers une perspective cohérente, résolument orientée par les enjeux de l’art minimaliste. L’«exposition» de Michelson, articulant des œuvres «structurelles» ou conceptuelles à des films d’animation, introduit le cinéma minimaliste en Europe. Nous proposons à la Cinémathèque une sélection de courts métrages présentés en 1974, suivis de longs métrages et d’une table ronde au Cinéma Bellevaux. Parallèlement, l’espace d’art Circuit revient sur l’une des principales manifestations européennes d’art vidéo, qui s’est tenue à Lausanne en 1974. Cette programmation s’inscrit dans le cadre du projet de recherche «Cinéma exposé: l’année 1974 en Suisse romande, entre la salle obscure et le white cube», conduit à l’ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne et soutenu par la HES-SO.

TABLE RONDE
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VENDREDI 29 MAI / 20h00 / Entrée libre

François Bovier, Nicolas Brulhart, Larisa Dryansky, Adeena Mey, Denis Savary
Modération: Tristan Lavoyer (ECAL, Lausanne)

Cette table ronde entend confronter le dispositif de la salle obscure à l’exposition d’images mobiles dans les espaces d’art. L’exposition d’art vidéo organisée par Impact en 1974 au Musée des arts décoratifs de Lausanne et le cycle de films proposé par Annette Michelson la même année à la Salle des congrès de Montreux, ainsi que leur remise en jeu actuelle, constituent le point de départ de cette discussion. Cette archéologie critique de la projection et de la diffusion de films et de vidéos d’artistes devrait permettre de mieux ressaisir les enjeux contemporains de l’image en mouvement dans les espaces d’art et les salles spécialisées. Nous entrecroisons ici le point de vue de chercheurs et historiens (Larisa Dryansky, conseillère scientifique à l’INHA où elle pilote le programme «Art contemporain et cinéma», François Bovier, initiateur du projet de recherche «Cinéma exposé»), de curateurs indépendants (Nicolas Brulhart, responsable de l’espace WalRis, Adeena Mey, commissaire indépendant et doctorant) et d’artistes (Denis Savary).

LIVES OF PERFORMERS
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VENDREDI 29 MAI / 18h30 / CHF 12.-

Yvonne Rainer, 1972, USA, HD, n/b, version originale anglaise non sous-titrée, 80’, 16/16 ans

Yvonne Rainer, danseuse et chorégraphe, cofondatrice du Judson Dance Theater, évolue de la danse au cinéma: après avoir intégré de courts films dans ses chorégraphies, ses activités artistiques se recentrent sur le cinéma dans les années 1970-1980. «Live of Performers», premier long métrage de l’artiste américaine, qu’elle-même désigne comme un mélodrame, incorpore la chorégraphie dans le film: la caméra ausculte les mouvements des danseurs et des danseuses, leurs interactions et leurs relations, sur la scène comme en dehors de la scène, sur un mode fictionnel; la tension qui se noue entre mouvement et mobilité est exacerbée dans la dernière partie du film, qui consiste en une succession de tableaux vivants inspirés de plans de Loulou de Pabst.

HEAVEN AND EARTH MAGIC
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SAMEDI 30 MAI / 18h30 / CHF 12.-

Harry Smith, 1950-1961, USA, 16mm, n/b, sans dialogues, 66’, 16/16 ans

«Heaven and Earth Magic», qui est aussi sobrement intitulé N° 12, est le film le plus complexe et certainement le plus narratif de Harry Smith, peintre qui maîtrise avec une aisance étourdissante l’animation abstraite et ésotérique. Résolument figuratif, ce film repose sur une animation de figures découpées, animées sur différents plans, suivant un étonnant récit de voyage qui multiplie les symboles religieux et magiques. Le travail filmique de Harry Smith, et ce film tout particulièrement, se situent aux antipodes de l’élémentarisme de la scène new-yorkaise et de l’art minimaliste: le modèle se situe ici, comme pour d’autres expérimentateurs de la Côte Ouest, du côté d’un surréalisme revu par le psychédélisme et la contre-culture beat.

SCENES FROM UNDER CHILDHOOD
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SAMEDI 30 MAI / 20h00 / CHF 12.-

Stan Brakhage, 1967-1970, USA, 16mm, couleur, muet, 135’, 16/16 ans

«Scenes from under Childhood», découpé en quatre parties, visualise à travers un rythme soutenu le mythe expressif qui sous-tend l’ensemble de l’oeuvre de Stan Brakhage: à savoir une vision sauvage, non éduquée, qui ignore les règles de la composition, les lois de la perspective, et le processus de reconnaissance et de désignation de référents. Si Brakhage a pu filmer par le passé la naissance de ses enfants, il emprunte dans ce film le point de vue du nouveau né, qui perçoit un monde confus, mouvant, aux contours indéterminés. Un poème visuel qui traduit en termes cinématographiques les formes ouvertes et la composition par champs cinétiques du «vers projectif» promu par le poète Charles Olson.

REMINISCENCES OF
A JOURNEY TO LITHUANIA

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MERCREDI 3 JUIN / 18h30 / CHF 12.-

Jonas Mekas, 1971-1972, USA, 16mm, couleur, version originale anglaise non sous-titrée, 82’, 16/16 ans

En août 1971, Jonas et Adolfas Mekas reviennent sur leur terre natale en Lituanie, après un exil de vingt-cinq ans. Tous deux en tireront un film. Celui de Jonas Mekas privilégie un tournage intermittent, physique, saisissant des fragments d’actions, de gestes et de situations. Le vecteur du voyage, tant spatial que temporel (la Lituanie contemporaine étant appréhendée à travers la distance du souvenir), dote d’une forte cohérence ce journal filmé qui est découpé en trois parties. Le film s’ouvre sur des plans tournés par Jonas Mekas avec sa première Bolex à son arrivée à New York, entre 1950 et 1953, et se clôt sur des plans tournés à l’été 1971 à Vienne, avec les cinéastes Peter Kubelka et Ken Jacobs, la critique Annette Michelson, ou encore l’actionniste viennois Hermann Nitsch.

REASON OVER PASSION
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JEUDI 4 JUIN / 18h30 / CHF 12.-

Joyce Wieland, 1967-1969, Canada, 16mm, n/b et couleur, version originale anglaise non sous-titrée, 80’, 16/16 ans

Le titre du film fait référence à une célèbre déclaration du premier ministre canadien de l’époque, Pierre Elliott Trudeau: «La raison avant la passion, c’est le thème de tous mes écrits». Dans «Reason over Passion», Joyce Wieland arpente le territoire canadien et ses vastes paysages, à travers des plans-séquences nostalgiques tournés depuis des véhicules. En alternance et en surimpression, oscillant entre le signe de ponctuation et le carton, le titre du film est altéré à travers 537 permutations de ses lettres générées par ordinateur, avec l’aide de Hollis Frampton, érodant ainsi le sens du slogan de Trudeau. Le film de Joyce Wieland se situe entre le travelogue, la satire politique et une pure expérience plastique du paysage.

NOUVEAUTÉS
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VISIONS SINGULIÈRES
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Avant-première en présence des réalisateurs

MERCREDI 27 mai / 20h30
Réservation: detours / Entrée libre (chapeau à la sortie)

Mario Del Curto/Bastien Genoux, 2014, Suisse, DCP, couleur,
version française, 57’, 16/16 ans

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